Courir pour éliminer les excès du Nouvel An : ce que dit (vraiment) la physiologie
Chaque année, c’est la même scène. Minuit vient de passer, les verres s’entrechoquent, les assiettes se vident et quelque part entre le fromage et la bûche, une pensée rassurante s’invite : « Demain, j’irai courir. Ça éliminera. »
C’est une idée séduisante. Le sport comme antidote aux excès. La transpiration comme bouton “reset” du corps.
Sauf que, comme souvent en physiologie, la réalité est un peu moins intuitive.
Transpirer n’élimine pas l’alcool (désolé)
Commençons par casser le mythe le plus tenace : Non, transpirer ne “purge” pas l’alcool.
Sur le plan biologique, c’est très clair : plus de 90 % de l’alcool est métabolisé par le foie. La sueur, l’urine et la respiration n’en éliminent qu’une quantité marginale, moins de 10 %.
Et surtout, ce processus est lent. En moyenne, le foie élimine environ un verre d’alcool par heure. Ni le running, ni le sauna, ni la volonté n’accélèrent significativement cette cadence.
Autrement dit : aller courir le lendemain matin ne fera pas disparaître plus vite les verres de la veille.
Courir après une soirée : un stress en plus pour le corps
L’alcool a déjà mis votre organisme à contribution :
déshydratation,
perturbation du sommeil,
inflammation,
travail hépatique intense.
Ajouter une séance de course à pied (surtout à jeun et mal hydraté) revient à superposer un stress physique à un corps déjà occupé à réparer.
Résultat possible :
maux de tête accentués,
sensation de jambes “vides”,
crampes,
baisse de tension,
et parfois une récupération encore plus lente.
Le corps, à ce moment-là, n’a pas besoin d’un défi supplémentaire. Il a besoin de temps.Le mot clé : récupération.
Plutôt que de chercher à "purger" votre corps par la transpiration, concentrez-vous sur des habitudes qui soutiennent votre bien-être, comme le repos, une alimentation légère et une hydratation optimale.
Courir trop tôt après une soirée arrosée risque davantage de nuire à votre santé que de vous aider.
Le 1er janvier, ton corps est en mode maintenance
Après une soirée arrosée, l’organisme fonctionne en priorité sur :
l’élimination de l’alcool,
la réhydratation des tissus,
la réparation cellulaire,
la régulation hormonale perturbée par le manque de sommeil.
En clair : il est en mode maintenance, pas en mode performance.
Lancer une séance de sport intense dans ce contexte ne “nettoie” rien.
Ça peut même ralentir les processus que tu cherches justement à optimiser.
Faut-il vraiment rester immobile le lendemain ?
Bonne nouvelle : non.
Mais tout dépend de ce que tu appelles “bouger”.
Si l’envie est là :
une marche active,
une sortie au grand air,
un peu de mobilité,
un yoga doux,
peuvent aider à relancer la circulation, améliorer les sensations et remettre doucement le corps en route, sans lui demander ce qu’il n’est pas prêt à donner.
Et pour la course à pied ?
La réponse est simple, même si elle frustre parfois : attendre 24 à 48 heures est souvent la meilleure option.
Le temps de :
bien se réhydrater,
retrouver un sommeil correct,
laisser le foie finir son travail,
retrouver des sensations normales.
La séance que tu feras ensuite sera bien plus bénéfique et bien moins risquée.
Courir pour “éliminer” les calories : un raisonnement trompeur
Dernier point important : courir pour compenser un repas n’est ni physiologiquement pertinent, ni mentalement très sain.
Le corps ne fonctionne pas comme une calculette immédiate.
Les excès ponctuels font partie de la vie. Ce sont les habitudes chroniques qui comptent.
Chercher à “payer” un réveillon avec une séance punitive le lendemain n’apporte ni meilleure santé, ni meilleure relation à l’entraînement.
Le vrai mot-clé du 1er janvier : récupération
Si tu devais retenir une seule chose, ce serait celle-ci : le repos est aussi une stratégie.
Boire de l’eau.
Dormir.
Manger léger.
Marcher un peu.
Et reprendre le sport quand le corps est prêt.
Le 1er janvier n’est pas une épreuve à réussir. C’est juste le premier jour d’une année où tu vas, de toute façon, courir beaucoup d’autres kilomètres.
Et ceux-là compteront bien plus que la séance que tu n’as pas faite ce matin-là.
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