Harcèlement de rue : et si on apprenait à réagir ?
Tu cours sur ton parcours habituel. Devant toi, une coureuse.
À une intersection, un homme lance une remarque sur son corps. "Ça doit aller vite avec ses belles jambes.". C'est du harcèlement de rue.
Elle entend, elle ne ralentit pas, elle ne tourne pas la tête. Elle encaisse et continue.
Et toi, tu passes. Trois secondes plus tard, tu es déjà loin. Et tu te dis : j'aurais dû faire quelque chose. Mais quoi, exactement ?
👉🏼 Cette situation des milliers de témoin la vive. Pour sensibiliser au harcèlement de rue, L'Oréal Paris a mené une action coup de poing lors de la Sine Qua Non Run, dans le cadre de son programme Stand Up, en partenariat avec l'ONG Right To Be et la Fondation des Femmes en France.
Des comédiens, disséminés le long du parcours, ont mis en scène des situations de harcèlement de rue visant la créatrice de contenu Alix, complice de l'opération.
À ses côtés, son compagnon Rayan tente d'intervenir. Il hésite, recommence, illustrant en temps réel la difficulté à réagir face à ces comportements.
Mais derrière l'émotion que soulève ce genre d'opération, il reste une question qu'on évite soigneusement : pourquoi, en tant que témoin, on ne sait pas quoi faire ?
Le harcèlement invisible dans l'espace public
En matière d’harcèlement de rue, les témoins sont souvent une majorité silencieuse. Une étude Ipsos x L'Oréal Paris de 2024, révèle que 61 % des Français disent avoir déjà assisté à une scène de harcèlement de rue dans l'espace public. Parmi eux, seule une minorité est intervenue. Intuitivement, on peut penser que si personne n'intervient, c'est par indifférence. La réalité est souvent plus simple, et plus gênante à admettre : on ne sait pas quoi faire.
Le piège du « pas si grave »
Il y a une mécanique psychologique précise derrière cette paralysie.
Les chercheurs l'appellent l'effet du témoin : plus il y a de monde autour d'une scène, moins chaque personne se sent responsable d'agir. Chacun attend que l'autre se mobilise en premier. Au final personne n’ose réagir.
⚠️ À ça s'ajoute un deuxième piège : celui de chercher à qualifier ce qu'on voit. Est-ce une blague ? Un compliment ? Une maladresse ? On hésite et pendant qu'on tergiverse, la scène est terminée. Pourtant, il n'y a pas de zone grise : depuis la loi Schiappa de 2018, le harcèlement de rue est pénalement sanctionné en France sous le nom d'outrage sexiste. Et pour les témoins, un seul repère suffit à décider d'agir. Si la personne en face semble mal à l'aise, il y a quelque chose à faire.
Le problème, c'est que cette logique se trompe de point de départ. La question n'est pas "est-ce une réelle situation d’harcèlement de rue ?". La question qu’un témoin doit se poser est beaucoup plus simple : la personne en face semble-t-elle mal à l'aise ?
👉🏼 Si la réponse est oui, nous pouvons agir pour accompagner la victime.
La méthode des 5D : ce que tu peux faire, concrètement
Pour aider à réagir face à ces situations, le programme Stand Up de L’Oréal Paris en partenariat avec l'ONG Right To Be et la Fondation des Femmes en France propose la méthode des 5D.L’idée est d’apprendre à réagir, que l’on soit témoin ou victime, sans se mettre en danger.
Distraire : créer une diversion pour détourner l’attention et faire retomber la pression. Cela peut être aussi simple que demander l’heure, faire semblant de connaître la personne ou lancer une discussion anodine pour casser la situation.
Déléguer : aller chercher de l’aide auprès de quelqu’un d’autre. Un agent de sécurité, un commerçant, un groupe de personnes à proximité… L’objectif est de ne pas rester seul face à la situation.
Documenter : si l’intervention directe est difficile, il est possible de filmer ou de prendre des notes sur ce qu’il se passe. Attention toutefois à toujours demander l’accord de la victime avant de partager quoi que ce soit.
Dialoguer : une fois la situation terminée, aller voir la personne concernée pour lui apporter du soutien. Un simple “ça va ?” ou “je suis là si besoin” peut déjà faire une vraie différence.
Diriger : intervenir directement en s’adressant au harceleur, de manière calme et posée, pour lui signifier que son comportement n’est pas acceptable.
Des actions concrètes, qui rappellent surtout qu’il n’existe pas une seule bonne réaction, mais plusieurs façons d’agir, à son échelle.
➡️ Formation disponible sur standup-france.com
Le running comme phénomène social
Le running est vendu comme un espace de liberté. Pour beaucoup, il l'est. Mais cette liberté n'est pas la même pour tout le monde. Une étude menée par Ipsos x L'Oréal Paris en 2024 révélait que 74% des femmes ont été victimes du harcèlement sexuel dans l’espace public.
Parce qu'au fond, le harcèlement de rue concerne tout le monde : celles qui le subissent, bien sûr, mais aussi toutes les personnes qui peuvent, à leur échelle, apprendre à réagir.
Parce que face au harcèlement de rue, chacun a un rôle à jouer. Et ce rôle, il s'apprend avec la Méthode 5D.
➡️ Formez-vous gratuitement en 10 minutes
#WeStandUp
En collaboration avec L’Oréal Paris
L'histoire de Rosie Ruiz a marqué le monde de la course à pied comme peu d'autres.
Le 21 avril 1980, elle franchit la ligne d'arrivée du marathon de Boston en 2h31'56".
Sacrée plus rapide des femmes, Troisième meilleure performance de tous les temps sur la distance, rien que ça.
Une légende est née enfin, presque.
Parce que les exploits de Rosie ne devaient rien à l'entraînement. Tout, en revanche, à un culot stratégique qui forcerait presque l'admiration.