Courir devrait être simple. Pour beaucoup de femmes, ça ne l'est pas.
Le paradoxe du running
Le running est souvent présenté comme le sport le plus libre qui existe.
Pas d’horaire.
Pas d’infrastructure.
Pas de règles.
On court quand on veut, où on veut et comme on veut.
C’est ce qui fait sa force.
Sa simplicité.
👉🏼 Mais cette liberté, tout le monde ne la vit pas de la même manière.
Là où certains courent sans y penser, d’autres doivent rester vigilants en adaptant leur parcours, leur tenue, leur heure de sortie.
Parce que pour certaines femmes, courir ne se résume pas à aligner des kilomètres.
C’est aussi :
Se faire siffler en courant.
Entendre des remarques sur son corps.
Être suivie sur plusieurs mètres.
Recevoir des commentaires déplacés quand on est seule.
Se faire klaxonner par une voiture qui ralentit.
Sentir un regard insistant, malaisant.
Courir devrait être simple.
Pour beaucoup, ça ne l’est pas.
Le harcèlement invisible dans l'espace public
Les données parlent d'elles-mêmes.
74% des femmes ont déjà été victime de harcèlement sexuel dans lieux publics
61% des personnes ont été témoins de harcèlement sexuel dans les espaces publics.
Source : Étude Ipsos x L'Oréal Paris 2024
Les stratégies d'évitement dans la pratique
Et derrière ces chiffres, il y a une réalité que l’on ne voit pas.
Courir avec son téléphone à la main.
Partager sa localisation en temps réel.
Mettre de la musique, sans vraiment écouter.
Juste pour se rassurer.
Être en alerte.
À chaque bruit.
À chaque regard.
À chaque présence autour de soi.
Autant de réflexes intégrés. Pas pour progresser, mais pour continuer à courir.
En se sentant, un peu plus, en sécurité.
Courir devrait être un espace de liberté.
👉🏼 Pour beaucoup, c’est encore un espace sous vigilance.
Pourquoi les témoins jouent un rôle clé
Le problème ne réside pas uniquement dans la situation elle-même, mais aussi dans le sentiment d’impuissance que peuvent ressentir les témoins. Face à ce type de scène, il n’est pas toujours évident de savoir comment réagir, intervenir sans aggraver la situation ou se mettre en danger. Cette hésitation, compréhensible, peut pourtant renforcer le sentiment d’isolement des personnes victimes de harcèlement de rue.
Pour lutter contre ce problème de société, L’Oréal Paris lance en 2020 le programme Stand Upcontre le harcèlement de rue en partenariat avec l’ONG Right To Be et La Fondation des Femmesen France.
Stand Up de L’Oréal Paris propose une méthode simple et accessible : la Méthode des 5D. L’idée n’est pas d’être un héros, mais d’apprendre au grand public à réagir face au harcèlement de rue, qu’on soit victime ou témoin
Distraire : créer une diversion pour détourner l’attention et faire retomber la pression. Cela peut être aussi simple que demander l’heure, faire semblant de connaître la personne ou lancer une discussion anodine pour casser la situation.
Déléguer : aller chercher de l’aide auprès d'une personne délégataire de l'autorité : un agent de sécurité, un commerçant, un groupe de personnes à proximité… afin de permettre à la victime d'être d'épauler face à la situation qu'elle est en train de vivre.
Documenter : si l'intervention directe est difficile, il est possible de filmer la situation en donnant des éléments factuels : l'heure, la date, la description de l'harceleur... L'objectif est de documenter la situation et de donner le contenu à la victime afin qu'elle puisse l'utiliser comme preuve, si elle le souhaite. Attention cependant à ne rien partager sans autorisation de la victime.
Dialoguer : Une fois la situation passée, lui rappeler que ce qu’elle vient de vivre n’est pas normal et qu’il s’agit de harcèlement de rue. Aller ensuite vers elle pour lui apporter du soutien : un simple « ça va ? » ou « je suis là si besoin » peut déjà faire une vraie différence.
Diriger : intervenir directement en s’adressant à l'harceleur, de manière calme et posée, pour lui signifier que son comportement n’est pas acceptable.
➡️ Formation disponible sur standup-france.com
Quand le running devient un espace d'engagement
Un programme concret, qui rappelle surtout qu’il n’existe pas une seule bonne réaction, mais plusieurs façons d’agir, à son échelle.
Sine Qua Non Run est un événement engagé qui utilise le running comme un moyen de sensibiliser et d’agir contre les violences sexistes et sexuelles dans l’espace public.
Bien plus qu’une simple course, c’est la première où participants et bénévoles sont formés au programme Stand Up by L’Oréal Paris.
👉🏼 Le running devient alors :
Un lieu de pratique sportive, bien sûr, où chacun vient courir, se dépasser, progresser à son rythme
Un espace de sensibilisation collective, où l’on prend conscience de réalités vécues par d’autres, où l’on écoute, échange et apprend à mieux comprendre ce qui se joue dans l’espace public.
Un acte d’engagement concret, enfin, où courir devient aussi une manière d’agir, de se positionner et de participer, à son échelle, à faire évoluer les comportements.
Le running comme phénomène social
Aujourd’hui, le running s’inscrit dans quelque chose de plus large, qui dépasse largement la simple performance ou le plaisir de courir. Il raconte aussi notre société, ses enjeux et ses évolutions.
Ce programme c’est :
Un espace de débat, où l’on ouvre la discussion sur des sujets encore trop peu abordés, où chacun peut écouter, partager et confronter les points de vue.
Une manière de faire bouger les lignes, en questionnant les habitudes, en faisant évoluer les mentalités et en mettant en lumière des réalités souvent invisibilisées.
Un moyen d’agir collectivement, en réunissant une communauté autour d’une cause commune, et en transformant une pratique individuelle en véritable levier d’engagement.
Et peut-être qu'un jour, courir sera vraiment le sport le plus libre qui existe.
Pour tout le monde.
Le running est souvent présenté comme le sport le plus libre qui existe.
Pas d’horaire.
Pas d’infrastructure.
Pas de règles.
On court quand on veut, où on veut et comme on veut.
C’est ce qui fait sa force.
Sa simplicité.
Mais cette liberté, tout le monde ne la vit pas de la même manière.
Là où certains courent sans y penser, d’autres doivent rester vigilants en adaptant leur parcours, leur tenue, leur heure de sortie.
Parce que pour certaines femmes, courir ne se résume pas à aligner des kilomètres.