Amandine Petit : '“la couronne, on me l’a donnée. La médaille, je suis allée la chercher.”
On a tous en tête les images d’Amandine Petit en robe de soirée, couronne sur la tête et sourire impeccable. Miss France 2021, icône médiatique, figure lisse au service de la perfection française. Et pourtant. Derrière les paillettes, il y avait une autre histoire. Celle d’une jeune femme qui a longtemps vécu dans la peur de ne pas être « assez » : assez bien, assez belle, assez parfaite.
Alors Amandine s’est mise à courir. Et ce qu’elle pensait être un simple défi s’est révélé bien plus grand : un marathon, oui — mais surtout une libération.
Miss France en baskets : et alors ?
« Le regard des autres, c’était ma phobie. » Cette phrase résume à elle seule le paradoxe d’Amandine. Élue Miss France à 23 ans, elle se retrouve propulsée dans une vitrine nationale où tout est millimétré : la tenue, le discours, la posture, les réponses aux critiques.« Au début, je voulais plaire à tout le monde. Être la Miss parfaite. Mais en fait, c’est impossible… et c’est même pas souhaitable ».
Alors, forcément, quand elle se lance dans un marathon, certains lèvent un sourcil : Miss France en running ? Vraiment ? Elle le sait. Elle entend les critiques. Et pourtant, elle dit oui. Pas pour faire plaisir. Pour elle.
Le premier dossard, le premier vrai choix
L’idée lui est soufflée un soir de match, presque en blaguant. Claude Henry (Adidas Runners) lui propose New York. Elle rigole. Refuse. Puis cogite toute la nuit. Et rappelle le lendemain : « OK, je le fais. »
Un an plus tard, elle franchit la ligne d’arrivée du marathon de New York. 5h03 de course. Zéro pause. Et une fierté monumentale : « Cette médaille, elle vaut autant que la couronne de Miss France. Mais celle-là, personne ne me l’a donnée. Je suis allée la chercher. »
Le marathon : 42 kilomètres pour se délester du regard des autres
Au fil des semaines, la préparation devient un exutoire. « Quand je cours, je redeviens juste une fille qui court. Pas Miss France. Pas une image. Une personne. » Plus besoin de plaire. Juste besoin d’avancer.
Elle découvre une rigueur nouvelle, un ancrage, une forme de liberté : « C’est dans mes foulées que je retrouve mes idées claires. » Et aussi, petit à petit, une forme de fierté déconnectée du jugement des autres : courir un 3 km, puis un 5, puis un 30 avec son père à vélo. « Je n’ai jamais autant existé que dans mes baskets. »
Le vrai défi n’était pas physique
Ce qui l’attendait, ce n’était pas seulement un mur au 30e kilomètre. C’était l’acceptation de ses propres limites. L’autorisation de faire les choses pour elle, sans devoir se justifier, performer, excuser. Et dans une société qui demande souvent aux femmes d’être belles, disponibles, inspirantes et jamais trop transpirantes, ce n’est pas rien.
Elle en parle avec émotion : « J’ai passé des mois à me demander si j’étais légitime à porter un dossard. Aujourd’hui, je cours parce que ça me rend vivante. Et c’est tout. »
Et si c’était ça, le vrai marathon ?
Pas celui des 42,195 km. Celui qu’on fait pour se débarrasser des couches de perfection qu’on nous colle sur la peau. Celui qui ne se court pas pour un chrono, mais pour soi. Celui qui ne commence pas au coup de feu… mais à la première fois où l’on ose dire « Je vais le faire. »
Aujourd’hui, Amandine rêve de compléter les six majors. Mais peu importe le temps, peu importe les finish lines. Ce qu’elle a gagné, c’est bien plus que des médailles.
Elle court, désormais, non pas pour plaire… mais pour se plaire.
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