Spinoza : le philosophe qui t’apprend à aimer chaque séance (même les plus dures)
Pourquoi les grands champions parlent-ils toujours de plaisir quand on leur demande ce qui les motive vraiment ? Pas de mental d’acier. Pas de sacrifice héroïque. Pas de souffrance rédemptrice. Non : du plaisir, encore du plaisir.
Et soyons honnêtes : on a tous déjà levé les yeux au ciel en entendant ça. Parce que dans l’imaginaire collectif, la performance est un chemin pavé de douleur, de séances vomi-friendly et de dépassement… surtout de soi-même.
Et si, finalement, on s’était tous trompés d’histoire ?
Quand Spinoza court à nos côtés (au moins dans l’idée)
Spinoza, philosophe du XVIIᵉ siècle, est souvent classé dans la catégorie « penseurs très intelligents mais pas hyper fun à lire ». Pourtant, sa vision du monde peut transformer ta manière de t’entraîner.
Pour lui, l’humain n’est pas au-dessus de la nature : il en fait partie. Et ses émotions, y compris ce fameux plaisir, ne sont pas des caprices, mais des informations vitales.
👉 Son idée centrale est simple et puissante :
La joie = un accroissement de puissance. La tristesse = une diminution de puissance.
Autrement dit, ce que tu ressens quand tu cours indique si tu vas dans la bonne direction ou si tu forces à contre-courant.
Et si tu écoutes bien ton corps, il te dit beaucoup plus de choses que n’importe quel plan d’entraînement PDF.
1 — Le plaisir ne se cherche pas : il se construit
Spinoza ne dira jamais : « Va chercher le plaisir ! »
Non. Pour lui, le plaisir émerge quand les conditions sont réunies.
En running, ça donne : tu ne peux pas te forcer à aimer une séance… mais tu peux créer un contexte où aimer cette séance devient possible.
👉 Par exemple :
Tu redoutes toujours le fractionné.
Et un jour, tu le fais :
dans un parc que t’aimes bien,
avec un pote drôle (ou au moins pas trop pessimiste),
avec une playlist qui envoie,
un matin où ton corps est reposé.
🎯 Résultat : tu finis avec le sourire.
Pas par magie, mais parce que tu as permis au plaisir d’apparaître.
Et comme le dit Spinoza, la joie la plus stable naît de la connaissance de soi : mieux tu sais comment tu fonctionnes, mieux tu organises ton entraînement, et plus tu progresses en paix.
2 — Utilise le plaisir comme un GPS de performance
Dans notre culture sportive, le plaisir passe souvent pour un bonus sympa mais non essentiel. Voire suspect : « Si j’aime trop cette séance, c’est qu’elle est trop facile ».
Spinoza renverse la table :
La joie est un indicateur de performance.
Quand tu ressens :
l’envie d’aller courir,
de la curiosité avant une séance,
du plaisir même dans la difficulté… tu es en expansion, pas en fuite.
Le plaisir n’est pas l’ennemi de la discipline : il en est le moteur.
Un moteur fiable, durable et… étonnamment rationnel.
En running, ça donne un cercle vertueux :
Tu cours → ça te plaît → ça te donne envie de recourir → tu progresses.
Pas besoin de te martyriser pour t’améliorer : il suffit que ton désir avance avec toi.
3 — Repenser la discipline : ce n’est pas se faire violence
Spinoza pose une question radicale :
Qu’est-ce qui augmente ta puissance d’agir à long terme ?
Spoiler : ce n’est pas l’épuisement, l’obsession ou la peur de rater.
La discipline, la vraie, c’est :
une régularité qui nourrit ton énergie,
un cadre qui t’apaise,
un élan qui revient chaque matin.
💡 En clair : une discipline joyeuse, pas punitive.
Et non, Spinoza ne confond pas plaisir et confort.
Une séance sous la pluie peut être joyeuse si elle exprime ton désir profond d’avancer.
Le plaisir n’est pas l’absence de douleur : c’est l’accord entre ton effort et ton désir.
4 — Attention aux fausses joies (elles sont partout)
Pour Spinoza, toutes les joies ne se valent pas. Certaines t’élèvent. D’autres t’enferment.
Les passions tristes, ce sont ces plaisirs trompeurs que tu subis plutôt que tu ne choisis.
Exemples très running-friendly :
La joie de battre ton collègue sur Strava.
L’ego-boost d’une séance plus rapide que celle de ton pote.
L’entraînement compulsif pour oublier une mauvaise journée.
Ça ressemble à du plaisir… mais c’est réactif, pas actif.
Ça te fait tourner en rond au lieu de te construire.
Une vraie joie, pour Spinoza, te rend :
plus libre,
plus autonome,
plus lucide,
plus aligné avec toi-même.
En clair : une joie qui nourrit ton désir profond, pas ton ego blessé.
Élargis ta zone de confort (au lieu d'en sortir)
On entend partout : « Sors de ta zone de confort ! »
Et si Spinoza disait exactement l’inverse ?
Pour lui, la vraie puissance humaine se révèle… dans la joie.
Et la zone de confort n’est pas un espace mou et paresseux : c’est un espace de maîtrise vivante.
Quand tu es dans ton flow, quand tout s’enchaîne naturellement, quand ton corps et ton esprit s’accordent… tu n’es pas en train de stagner.
Tu es en train de grandir.
L’enjeu n’est pas de fuir cette zone, mais de l’agrandir.
Chaque séance difficile que tu apprivoises élargit ton territoire intérieur.
Et plus ta zone de confort s’élargit, plus ta liberté grandit avec elle.
Ce qu’il faut retenir : la joie est la preuve
Spinoza disait : « La joie est le signe d’un passage vers une plus grande perfection. »
Et si c’était ça, finalement, le vrai sens du sport ?
Pas seulement performer.
Pas seulement souffrir pour progresser.
Mais augmenter notre puissance d’être.
Devenir :
plus vivant,
plus conscient,
plus aligné,
plus capable de ressentir.
Chaque foulée devient alors un acte philosophique :
un moyen d’harmoniser ce que ton corps veut faire et ce que ton esprit est prêt à accueillir.
La joie n’est pas un bonus.
C’est ta boussole.
La preuve que tu es sur le bon chemin.
Alors cours avec curiosité, avec lucidité… et peut-être même avec un peu de Spinoza dans tes baskets.
Et si la clé du plaisir en course n’était pas dans la performance… mais dans la manière de voir les choses ?
Pour Spinoza, la joie n’est pas une récompense : c’est une façon d’exister. Une énergie qu’on cultive même dans la difficulté.