Coach Running: les secrets des grands entraîneurs

Que nous soyons entraîneurs ou athlètes, nous sommes tous à la recherche de la formule magique du coaching. Celle qui nous permettra d’atteindre les objectifs les plus fous. Mais existe-t-il une méthode de coaching ou un coach running absolu qui nous assure réussite et accomplissement ?

A la recherche du coach running parfait

Premier pavé dans la marre : l’entraîneur parfait n’existe pas ou alors il y en a autant qu’il y a d’athlètes.

Chaque athlète, chaque individu a ses propres particularités, ses spécificités. Ce qui pour l’un pourra être l’entraîneur idéal ne le sera absolument pas pour une autre personne.

Déjà par rapport à la posture de l’entraîneur. Certains coachs sont paternalistes/protecteurs, d’autres sont dirigistes/maîtres d’école, encore d’autres auront une approche participative, etc.

Si ces différents traits se retrouvent généralement chez tous, il y en a qui prédominent et positionnent l’entraîneur dans une posture spécifique qui conviendra à certains et pas d’autres.

Ensuite, il y a de ce qui relève de la méthodologie de l’entraînement: certains font de la VO2max l’alpha & l’oméga de la perf, d’autres estiment que le seuil est le seul vrai élément méritant d’être pris en compte.

Certains parleront de qualité plutôt que de quantité, certains l’inverse et encore d’autres se positionneront entre les deux.

Des entraîneurs placeront l’entraînement croisé comme indispensable, d’autres comme souhaitable et certains comme inutile.

Dans tous les domaines de compétence du coach il existe tout un panel de possibles qui au final correspondront à certains et pas à d’autres. Et ajoutons à cela la personnalité propre de « l’individu coach » qui, comme dans toutes relations humaines, conviendra ou non.

Il est donc difficile de faire un portrait robot de l’entraîneur idéal.

Quelles sont les qualités des "bons" coach running?

Le premier point est que l’entraîneur doit être correctement formé.

Cela ne fait pas tout évidemment mais il faut un minimum de connaissances théoriques et en avoir une bonne appréciation pratique.

C’est là une autre clef: la théorie c’est bien mais il faut être en capacité de l’appliquer concrètement au terrain et s’adapter aux athlètes.

Nous touchons un autre point essentiel : la capacité à l’individualisation, à la personnalisation de l’entraînement.

Les études nous apportent énormément de données sur la physiologie du sport. Il faut évidemment en tenir compte, comprendre les phénomènes généraux, mais il ne faut pas oublier qu’en face de nous, sur la piste, sur les sentiers, nous n’avons pas une cohorte d’études mais des individus dans leur particularité qui peuvent ne pas s’inscrire du tout, ou moyennement ou totalement, dans les schémas et les résultats globaux des statistiques.

Pour cela l’entraîneur doit être en capacité d’individualiser son observation, d’être à l’écoute, d’organiser l’échange et la prise d’informations afin de proposer les axes de travail qui seront le plus bénéfiques possible pour le coureur ou la coureuse. 

Il est fondamental de ne pas être dogmatique. Évidemment, chaque entraîneur a de grands principes mais il doit savoir l’adapter.

Et, enfin, l’entraîneur doit savoir quel est son champ d’action.

Les champs de compétence de l'entraîneur en course à pied

Il n’est pas rare de voir des entraîneurs donner des conseils sur les soins à réaliser en cas de blessure par exemple. C’est le médecin le seul et unique en capacité de poser un diagnostic.

Bien sûr avec l’expérience, un entraîneur peut avoir une idée assez précise de certaines problématiques mais l’entraîneur entraîne, le médecin soigne, le kiné rééduque, etc.

Même si les entraîneurs en course à pied peuvent avoir des notions dans différents domaines - et heureusement - si un athlète veut optimiser sa préparation l’entraîneur ne sera pas à la fois le coach, le médecin, le kiné, le diététicien, le préparateur mental, le manager....

Par contre, il doit être en capacité de l’orienter vers les bonnes personnes.

Sans tomber dans un excès de taylorisme, il est fondamental d’avoir en tête que chacun a ses compétences et ne doit intervenir que sur le champ qui relèvent de ses compétences.

L’entraîneur doit-il obligatoirement être un coureur ou un ancien coureur ?

De prime abord nous pourrions penser que oui, car il me semble essentiel de connaître, d’avoir ressenti le type d’efforts proposé aux athlètes. La capacité à se mettre à la place de...pour évaluer / deviner ce qu’il peut ressentir comment il peut réagir semble importante.

Après, les deux plus grands entraîneurs actuels du ½ fond - fond, si on raisonne en termes de résultats via les médailles olympiques et mondiales sont l’irlandais Brother Colm qui est installé au Kenya, et l’éthiopien Sentayehu Eshetu n’ont jamais été athlète, pas même en mode amateur.

Portrait robot du coach running à éviter

L’entraîneur qui vous dira que, lui, connaît LA méthode pour perfer, qui vous promettra un gain en un temps record – comme le type de promesse de type régimes ... Comme si gagner en VMA pouvait se prévoir comme une perte de poids.

L’entraîneur en course à pied est un homme de terrain. L’observation directe et réelle est fondamentale. Il faut bien comprendre que l’entraîneur se forme quotidiennement au contact des athlètes.

C’est certainement cet aspect qui est le plus formateur. Après avoir engrangé des masses d’infos théoriques, qu’il continue logiquement à enrichir au fil de l’avancée des connaissances, l’entraîneur doit confronter cela à la pratique.

L’entraîneur 2.0 est donc une partie de l’évolution mais si l’activité se limite à du virtuel ce n’est clairement pas bon signe.

67 millions de coach running

De plus en plus de pratiquants de course à pied s’intéressent aux questions liées à l’entraînement (méthodologie, physiologie, ...).

Cette évolution est très intéressante mais peut aussi conduire à certaines dérives où des personnes pensent maîtriser des sujets alors qu’elles n’en ont qu’une connaissance somme toute limitée.

C’est une bonne chose qu’une personne s’intéresse à ce qu’elle fait, à sa pratique. En tant qu’entraîneur cela peut avoir des avantages de donner des consignes, d’expliquer pourquoi on fait telle ou telle séance, à un.e athlète qui en comprend le sens.

Ces connaissances le sortent d’une sorte de stature où il serait seul détenteur d’une connaissance, tel un gourou, et c’est plutôt sain.

C’est un élément qui peut aussi amener l’entraîneur à se questionner, à réfléchir à sa pratique. Il arrive qu’un athlète lui pose une question sur un élément de l’entraînement par rapport à quelque chose qu’il a lu et qu’il ne sache pas forcément répondre.

Cette interrogation va le pousser à réfléchir à cet élément, à le mettre en perspective par rapport à ce qu’il sait, ce qu’il pense et du coup l’amener à évoluer.

Et le mouvement c’est l’essence même de toute activité !

Le groupe d’entraînement, clef de la performance ?

On vit avec une sorte de fantasme du groupe d’entraînement autour d’un concept “tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil”. Attention, ne disons pas l’inverse non plus. Il ne s’agit pas de diaboliser le groupe d’entraînement.

Tout d’abord le groupe d'entraînement est un élément fondamental de progrès, de motivation, une source d’énergie même. Mais arrivé à un certain niveau le groupe devient un frein. 

L’athlétisme, quoiqu’on en dise est un sport individuel.

Il y a une émulation de groupe évidente, on peut être content pour le copain, la copine qui bat ses records mais si de notre côté on stagne, voire on se troue totalement, sincèrement on ne bondit pas de joie.

L’idée n’est pas de dire “ne vous entraîner pas en groupe” bien évidemment. Juste être honnête et réaliste que nous pratiquons un sport individuel et qu’à un moment donné chacun cherche sa perf.

Il relève de l’entraîneur de créer, ou favoriser, un état d’esprit sain entre camarades d’entraînement. mais arrivé à un certain niveau, il ne faut pas se voiler la face ceci n’est plus possible.

Regardons bien par exemple qui sont ces athlètes qui s’entraînent en groupe de plusieurs centaines au Kenya. Y voyons-nous les Kipchoge, Kamworor, Wanders, Bekele, Mo Farah ?

Bien sûr il peut leur arriver de se joindre à eux mais ces athlètes s’entraînent avec leur propre groupe à dimension restreinte et organisé autour d’eux mêmes.

Cela ne signifie pas que les athlètes de ces groupes ne peuvent pas progresser, faire de belles perfs, mais le deal est clair, un peu comme en cyclisme, il y a un leader d’équipe et le moment venu s’il faut “se sacrifier” pour lui il faudra le faire et il n’y aura pas l’ombre d’une discussion.

Prenons un exemple récent, Mo Farah a battu le record du monde de l’heure sur piste. Il était accompagné du belge Bashir Abdi qui fait partie de sa garde rapprochée, avec qui il s’entraîne en Éthiopie.

Abdi a pris le relais des lièvres sollicités pour l’épreuve lorsque ceux-ci avaient fini leur job. Abdi a mené jusqu’au 20km, Farah n’a pas essayé une fois de le passer et est ensuite passé devant sans qu’Abdi essaye de suivre.

Pourquoi ? En agissant ainsi Farah a laissé à Abdi le record du monde du 20km sur piste, lui son objectif était le record de l’heure. Il y a eu un partage de lauriers qu’on a bien vu à la fin de la course, ils sont tombés dans les bras l’un de l’autre.

Fidèle lieutenant de Farah, Abdi connaît et accepte sa position et son rôle dans cette organisation.

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