Maxime Sauvage : « Le Marathon de Paris doit devenir une grande fête parisienne »

La date officielle du premier ASICS Marathon de Paris organisé par Cadence Running United est sortie : le 4 avril 2027.

Maxime Sauvage, adjoint au maire de Paris chargé du sport, des équipements sportifs et de l’égalité d’accès au sport, nous a expliqué ce qu’il attendait de cette nouvelle édition.

Pour lui, le marathon doit changer de dimension : plus inclusif, plus féminin et, surtout, davantage ancré dans la vie parisienne.

Le Marathon de Paris était déjà l’un des plus grands événements running au monde. Alors pourquoi changer de modèle ? Pour Maxime Sauvage, l’enjeu n’était pas de remettre en cause une course qui fonctionne, mais de profiter du changement d’organisateur pour faire évoluer son projet.

Le choix de Cadence Running United comme nouvel organisateur ne s’est pas fait uniquement sur l’expérience des coureurs. Environnement, inclusion des personnes en situation de handicap, féminisation et ancrage local faisaient également partie des critères retenus.

« On a fait un cahier des charges. Ils sont trois à l’avoir rempli et c'est Cadence qui a eu la meilleure note », explique l’adjoint au maire de Paris.

Le pari d’un marathon plus populaire

C’est probablement l’un des principaux changements attendus par la municipalité.

Maxime Sauvage estime que le potentiel du Marathon de Paris était « sous-exploité ». Son ambition : que l’événement ne concerne plus uniquement les dizaines de milliers de coureurs alignés sur la ligne de départ, mais qu’il fasse véritablement participer les habitants, les associations et les commerces.

L’objectif est donc de retrouver, chaque printemps, une partie de l’énergie collective vécue pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.

« Il faut que toute la ville vive et résonne autour de ce marathon », résume-t-il.

Le futur parcours devra notamment contribuer à cette ambition. Cadence souhaite en proposer un nouveau, avec l’idée de renforcer les interactions avec les quartiers traversés. Pour la Ville, le défi sera désormais de concilier cette volonté avec les contraintes importantes liées à l’organisation d’un événement de cette ampleur.

Un marathon plus inclusif

L’autre chantier concerne l’accessibilité.

Pour 2027, 1 000 dossards passerelle seront proposés à 50 euros sur le marathon et 1 000 autres à 25 euros sur le semi-marathon, sous conditions d’éligibilité. Une nouveauté importante alors que le dossard grand public du marathon sera désormais fixé à 169 euros.

Pour Maxime Sauvage, ces dossards constituent « un point de départ ». Il souhaite déjà que leur nombre puisse augmenter dans les prochaines années.

Sur la question de l’inclusion, la féminisation constitue également un objectif majeur. Les femmes représentaient 33 % du peloton en 2026 et Cadence vise la parité à l’horizon 2030.

Pour l’adjoint, le nouveau système de tirage au sort pourrait justement contribuer à accélérer cette évolution. Il imagine notamment qu’une sélection paritaire puisse, à terme, favoriser la présence des femmes au départ.

Davantage de femmes sur la ligne de départ pourrait, selon lui, créer un cercle vertueux et donner envie à davantage de coureuses de participer aux éditions suivantes. « Plus il y aura de coureuses qui pourront dire qu’elles ont participé au Marathon de Paris et que leur expérience s’est très bien passée, dans un cadre sain, plus cela encouragera d’autres femmes à candidater les années suivantes ».

« Le marathon ne fait pas une politique sportive »

C’est finalement sur ce point que Maxime Sauvage pose la limite de ce que peut représenter le nouvel événement.

Même avec davantage de spectateurs, une meilleure ambiance, plus de femmes au départ et une reconnaissance internationale renforcée, le Marathon de Paris ne suffira pas à mesurer la réussite de la politique sportive parisienne.

« L’organisation du marathon, même si c’est une organisation réussie, ça ne fait pas une politique sportive », insiste-t-il.

Pour l’élu, le marathon doit plutôt être une vitrine : un événement capable de donner envie de courir, de mettre le sport au cœur de la ville et de prolonger l’élan des Jeux de 2024.

Mais derrière cette vitrine, il veut surtout agir sur les conditions concrètes de pratique : l’urbanisation, les équipements, les associations et l’espace public.

Faire de Paris un terrain de course à pied

Maxime Sauvage souhaite justement utiliser les transformations de la ville pour favoriser la pratique sportive et celle du running en particulier.

Piétonnisation, végétalisation, pistes cyclables, berges de Seine ou encore ouverture progressive de certains tronçons de la Petite Ceinture. L’idée est de créer davantage de continuités pour marcher, courir et se déplacer à vélo.

La Ville travaille notamment sur une boucle d’environ 25 kilomètres autour des berges de Seine, avec l’objectif de relier plus facilement les différents espaces de pratique parisiens.

C’est finalement tout le défi pour la Ville de Paris : accueillir de grands événements sportifs au rayonnement international tout en faisant de la capitale un lieu de vie où la pratique sportive est accessible à toutes et à tous.

Pour Maxime Sauvage, les deux ambitions ne sont pas contradictoires.

« Ce sont deux objectifs qui peuvent se nourrir », assure-t-il.

Reste maintenant à voir si, dès 2027, le Marathon de Paris réussira à transformer cette ambition en expérience concrète, aussi bien pour les 60 000 coureurs attendus que pour les Parisiens qui vivront la course depuis les rues de la capitale.

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