Devenir parents quand on est athlètes : Ʀᴜɴ Ʀᴏᴍᴀɴᴇ & Alexis Miellet se confient
Deux univers que tout oppose… en apparence. D’un côté, Romane, créatrice de contenu running, très exposée, très suivie, très humaine. De l’autre, Alexis Miellet, athlète de l’équipe de France, champion d’Europe, incarnation du haut niveau, de la rigueur et de la performance.
Et au milieu : une histoire d’amour, une passion commune pour la course à pied… et un bébé en route.
Dans cet épisode Romane et Alexis lèvent le voile sur leur quotidien, leurs différences, leurs doutes, leurs certitudes et cette grande aventure qui commence : devenir parents quand on est athlètes.
La course à pied comme révélateur de personnalité
Quand on demande à Romane ce que la course à pied a changé chez elle, un mot revient immédiatement : la résilience. « Le sport m’a appris à trier le bon et le mauvais, à rebondir avec les échecs. C’est quelque chose que j’avais déjà en moi, mais que le sport a révélé. »
Une définition qui parle aussi à Alexis. Pour lui, cette capacité à encaisser, à revenir, à durer, fait autant partie de la vie de sportif que de la vie tout court. La résilience n’est pas qu’un concept : c’est un quotidien.
Alexis Miellet, la flamme du haut niveau
Chez Alexis, la flamme est née très tôt. Parents athlètes, piste d’athlétisme comme terrain de jeu, premiers tours de piste à trois ans « en attendant que les parents finissent l’entraînement ».
La course n’a jamais été une obligation : elle a toujours été un plaisir. « Je pense que j’aimais courir avant même d’être bon. »
Même si le haut niveau impose des sacrifices, la flamme ne s’est jamais éteinte. Elle a parfois vacillé : blessures, Covid, pression olympique, mais elle est toujours revenue. « Il y a des moments où le plaisir est un peu moins présent, mais ça revient vite. Je me rappelle pourquoi je fais tout ça. »
Pas de volonté de raccrocher les pointes. Au contraire : après Paris, l’objectif est déjà là-bas, à Los Angeles.
Influence vs haut niveau : démonter les clichés
Avant de rencontrer Alexis, Romane s’imaginait l’athlète pro comme une personne : focus, fermé, sans passions annexes : elle était loin du compte. « Ce qui m’a le plus surprise, c’est son calme. Jamais de stress. Toujours chill. »
À l’inverse, Alexis avoue avoir longtemps eu une vision très caricaturale de l’influence. « Pour moi, l’influenceur, c’était quelqu’un qui se prenait en photo H24. J’avais une image assez péjorative. »
👉 La réalité ? Deux métiers exigeants, soumis à la performance, à la pression, aux chiffres, aux attentes… et à une énorme charge mentale. Deux mondes qui, loin de s’opposer, fonctionnent en réalité en complémentarité. « On ne se partage pas le gâteau, on le fait grossir. »
Une phrase qui résume parfaitement le lien entre haut niveau, marques, influence et démocratisation du sport.
Courir ensemble… mais pas tout le temps
Même passion, même sport, mais pas la même pratique.
Romane est davantage sur la route, Alexis sur la piste. Ils s’entraînent parfois au même moment, rarement ensemble. Un équilibre volontaire. « On vit déjà H24 ensemble. Ça fait du bien d’avoir chacun son moment à soi. »
Ils parlent beaucoup de running, évidemment. Mais pas que. Et quand le sport prend trop de place, d’autres bulles existent : jeux vidéo pour Alexis, discussions, projets, vie à deux.
Se soutenir dans les hauts… et surtout dans les bas
La carrière d’un athlète n’est jamais linéaire. Alexis l’a vécu de plein fouet à l’approche des Jeux de Paris : saison parfaite, titre européen… puis blessure à dix jours des Championnats de France qualificatifs.
Romane, discrète mais présente. « Je sais que si j’ai besoin de parler, elle est là. Rien que ça, c’est hyper important. »
Parfois, le soutien n’est pas dans les mots. Il est simplement dans la certitude de ne pas être seul.
Devenir parents : une évidence (presque) inattendue
Romane avait toujours voulu être maman. Alexis aussi rêvait d’être papa.
Mais rien n’était planifié de manière rigide. C’est la rencontre, la stabilité, la vie construite ensemble qui ont rendu les choses évidentes.
Le test positif, un 15 juillet. Romane seule. Alexis en déplacement. Une journée interminable avant l’annonce. « J’étais super content. En plus, je venais d’apprendre que ma saison était terminée. Ça a rehaussé une journée un peu maussade. »
Parent et athlète : mission impossible ?
La question revient sans cesse chez les sportifs de haut niveau : sommeil, fatigue, organisation. Alexis sera l’un des premiers de sa génération à devenir papa. Mais les exemples existent. « Yoann Kowal, Florent Carvalho, Hassan Chadi… Ils ont montré que c’était possible. »
🔑 La clé ? Être bien entouré, bien accompagné… et accepter que l’équilibre soit mouvant.
Grossesse et sport : un choix assumé
Romane a continué à courir pendant sa grossesse. Un choix réfléchi, encadré médicalement, mais encore source de regards et de jugements. « Je sais que ça fait partie de mon équilibre. Tous les feux étaient au vert, donc c’était logique de continuer. »
Alexis, lui, observe avec fierté et admiration. « Je suis fier d’elle. Et je pense que s’arrêter complètement aurait été plus dur psychologiquement. »
Transmettre sans imposer
S’ils transmettent quelque chose à leur enfant, ce ne sera pas un chrono.
« La confiance en soi. » (Romane)
« Le respect de soi et des autres. » (Alexis)
Et expliquent que le sport sera présent, forcément. Mais sans obligation. Romane et Alexis rappellent une chose essentielle : derrière les performances, les stats, les clichés et les rôles sociaux, il y a des humains. Qui doutent, qui aiment, qui construisent… et qui courent, parfois, juste pour rester en équilibre.
Peut-on devenir parents sans mettre sa carrière sportive entre parenthèses ? Dans cet épisode, Romane et Alexis Miellet racontent comment ils apprennent à conjuguer sport, couple et parentalité, entre création de contenus, entraînement de haut niveau et vie de famille en construction.