Marathon de Paris 2026, le grand debrief !

Il y a des éditions qu'on oublie vite. Et puis il y en a d'autres qui restent. Celle-là, on en reparlera.

Quelques heures après l'arrivée du Schneider Electric Marathon de Paris, on s'est posés avec Charles Perrault, co-fondateur de The Running Collective, et Tristan Pawlak team leader chez Campus Coach, pour débriefer cette 49e édition. Record de finishers, performances élites inattendues, et au milieu de tout ça, Hugo Philip, primo-marathonien, encore les jambes lourdes mais le sourire jusqu'aux oreilles.

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Une ambiance qui change de dimension

58 853 coureurs venus du monde entier pour vivre une aventure hors du commun. 57 464 d’entre eux ont franchi la ligne d’arrivée, entre les larmes, les sourires, et les cris d'encouragement d’un public fidèle et passionné. Un record.

Et pour la première fois, le sentiment que Paris est en train de changer de catégorie, pas seulement en nombre, mais en intensité. Charles Perrault, présent dès 7h au départ, le résume simplement : "J'avais l'impression d'être au Tour de France dans les derniers kilomètres."

Pendant longtemps, le Marathon de Paris plafonnait autour de 200 à 250 000 spectateurs. Cette année, on s'approchait du demi-million. Ce n'est plus la même course. Pas le même bruit. Pas la même énergie dans les jambes quand tu passes devant une haie de gens qui hurlent ton prénom.

Ce qui change aussi, c'est qui est dans les rues. De plus en plus de jeunes , les 20, 30 ans sont venus en groupe encourager leurs amis. Le running se transmet, se partage, devient un truc qu'on fait ensemble. La moyenne d'âge des finishers, elle, continue de baisser : 37 ans en 2026, contre 40 ans il y a quelques années. Un sur deux courait son premier marathon.

Crippa, l'Italien qui a renversé la table

🥇 Sur le plan élite, personne n'avait vraiment vu venir Yemaneberhan Crippa.

Depuis vingt ans, la gagne à Paris se jouait entre Kenyans et Éthiopiens. Cette année, c'est un Européen qui s'est imposé. Champion d'Europe du 10 000 mètres, habitué des duels avec la génération Ingebrigtsen sur les cross, Crippa a couru un marathon quasi parfait détendu au salon Run Experience quelques jours avant, serein au départ, dominant à l'arrivée.

🇫🇷 Du côté français, c'est Emmanuel Roudolff-Levisse's qui a créé la vraie surprise. Quatrième performance française de tous les temps sur marathon, sous les 2h06, à Paris, un parcours qui ne pardonne pas, loin des circuits plats de Séville ou Valence. Il était venu pour prendre des risques, il l'avait annoncé. Il a tenu sa parole.

🏃🏻‍♀️ Chez les femmes, record de l'épreuve pulvérisé par la Kenyane Shure Demise en 2h18'34. Et un beau tir groupé de Françaises dans son sillage, avec Mekdes Woldu première tricolore en 2h26, et le retour émouvant de Méline Rollin en 2h28 après des mois de galère physique.

Hugo Philip : le manuel du parfait premier marathon

C'est peut-être lui qui a le mieux résumé ce que cette édition avait de particulier.

Hugo Philip, créateur de contenu, habitué des épreuves de forces, courait son premier marathon. 3h06. Une course presque idéale, construite sur un pari simple : partir trop lentement plutôt que pas assez.

"J'avais mis mon ego de côté. Je suis parti conservateur, à l'écoute des sensations. Et finalement j'ai accéléré à partir du 30e."

Ce que raconte Hugo, c'est le contre-pied de ce qu'on voit trop souvent sur un premier marathon. Pas d'explosion au 32e. Pas de marche forcée dans les derniers kilomètres. Un 36e en 4'07, un 40e en 4'05. Il rattrapait les morts quand les autres s'effondraient.

Son coach, Tristan Pawlak, qui suivait sa course en temps réel, avoue avoir eu un moment de doute en voyant ses allures de départ : "Je me suis dit, mais qu'est-ce qu'il fait là ? Et puis quand je l'ai vu accélérer au 30e, j'ai compris."

Ce qui a rendu cette course possible, c'est autant la préparation que l'humilité. Hugo le dit lui-même : à l'approche du jour J, il n'était plus dans une grande forme. Fatigue accumulée, BPM qui ne redescendait plus, sorties à 28 degrés à Dubaï. Il aurait pu forcer. Il a choisi d'ajuster.

Et Paris lui a rendu. Des inconnus sur le parcours qui le reconnaissaient, qui lui criaient dessus, qui lui demandaient de les embarquer. L'ambiance du bois de Boulogne dans les derniers kilomètres. Une ligne d'arrivée dont il ressort avec une seule envie : recommencer.

🎯 Chicago en octobre avec un Sub 3h dans le viseur.

Récupérer sans se rater

On a aussi reçu Pauline, chiropracteure, pour parler de ce qui vient après — la partie que la plupart des coureurs gèrent mal.

Le message est simple : le marathon laisse des traces à plusieurs niveaux. Musculaire, articulaire, nerveux, métabolique. Le corps est en inflammation totale juste après la ligne. C'est normal. C'est transitoire. Mais ça se gère.

👉🏼 Les trois piliers restent les mêmes qu'on vous répète depuis toujours : hydratation, alimentation, sommeil. Pas d'immobilité totale non plus marcher, bouger doucement, c'est mieux que rester allongé. L'intensité, elle, attendra.

Ce que Pauline déconseille : repartir à l'entraînement parce qu'on se sent bien deux jours après. La fenêtre de vulnérabilité dure plusieurs semaines. Ce qu'elle conseille : un passage chez un professionnel de santé (kiné, ostéo, chiro) pour faire un vrai bilan avant de reprendre, plutôt que de laisser une petite douleur compensée devenir une vraie blessure.

Et la fête du soir ? "C'est tentant. Mais il faut savoir que ça retarde la récupération. À chacun de décider s'il veut mettre une semaine ou un mois."


🔥 Cette édition 2026, elle restera. Pas seulement pour les chrono. Pour ce qu'elle dit de là où en est le running français, plus jeune, plus féminin, plus populaire, plus vivant.

La fête nationale du running, comme on l'a dit à chaud. Ce n'était pas exagéré.

🎧 Le débrief complet est disponible en deux parties sur toutes les plateformes.


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