Philippine Delaire et Caroline @depuisquejecours : deux premières fois, une seule vérité
Il y avait 58 853 coureurs sur la ligne de départ du Marathon de Paris 2026. Et parmi eux, deux femmes qu'on ne présente plus sur les réseaux, mais qu'on découvrait pour la première fois en tant que marathoniennes.
Philippine Delaire, comédienne et humoriste en pleine tournée nationale avec son spectacle Fifille à Papa, et Caroline, connue de toute la communauté running sous le pseudo @depuisquejecours. Deux parcours différents. Deux courses différentes. Mais la même ligne d'arrivée.
Et la même question qui se pose, à la fin, quand les jambes lâchent mais que le sourire reste : pourquoi on fait ça ?
Philippine : le marathon entre deux représentations
Philippine Delaire s'est fait connaître sur Instagram pendant le confinement avec ses vidéos humoristiques, des personnages névrosés, drôles et terriblement vrais avant de conquérir les scènes de France avec Télédrama puis Fifille à Papa. Le running, lui, est arrivé par la petite porte. Un trail de 23 kilomètres inscrit deux semaines à l'avance, sur les conseils de son mari. Une course terminée en 3h33. Et une décision prise dans la foulée, presque par réflexe : marathon.
"Je fonctionne comme ça, je me donne une date butoir et je n'ai pas le choix que d'y être."
ASICS la contacte, Dorian Louvet la coache, et la voilà en préparation quatre sorties par semaine, depuis mi-janvier, pendant les semaines les plus chargées de sa tournée. Reims le vendredi soir, Paris le dimanche matin. Le spectacle le soir, le bitume le lendemain.
Elle finit en 3h42. Régulière du début à la fin.
Ce qui l'a tenue sur les derniers kilomètres, ce n'est pas un gel ni une stratégie de course. Ce sont les gens. Des inconnus sur le bord de la route avec une pancarte "Philippine Delaire, Fifille à Papa, go !". Des gens qui avaient fait une pancarte. Pour elle. Sur un marathon.
"Tu vois ça, et tu te dis : mais il a fait une pancarte."
📸 Quentin Le Blanc
Caroline : le retour après la tempête
Caroline, elle, revenait. Il y a deux ans, elle avait franchi la ligne en 4h06. Cette année, elle voulait passer sous les 4 heures. Elle l'a fait.
Mais derrière ce chrono, il y a une histoire que beaucoup dans la communauté DLTDC connaissent déjà. Un épisode enregistré quelques mois plus tôt, où Caroline avait parlé de choses qu'on ne dit pas facilement, des traumatismes, une hospitalisation en psychiatrie, une traversée du désert dont elle est sortie par la thérapie, et aussi par la course.
"La course m'aide à prendre confiance en moi encore plus. Et j'arrive à m'épanouir encore plus."
Ce que Caroline incarne, c'est quelque chose de rare : quelqu'un de solaire, d'identifiable, qui parle de santé mentale sans détour. Pas pour faire le buzz. Parce que c'est sa vérité, et que sa vérité aide des gens.
Les messages reçus après l'épisode le prouvent. Des centaines. Des gens qui disaient : "ça me donne de l'espoir."
Sur la course, elle a souffert à partir du 34e kilomètre. Elle ne s'en cache pas. Sa prépa était plus intuitive, peu de fractionné, beaucoup de déplacements. Mais elle a tenu. Et elle a pleuré à l'arrivée, comme à chaque course, parce que "dans la vie j'ai du mal à pleurer, mais sur les courses c'est hyper facile."
Le marathon, décidément, n'est pas une course.
C'est un révélateur. De ce qu'on est capable d'endurer. De ce qu'on ignorait avoir en soi. Et parfois, de ce dont on a besoin pour avancer.
🎧 Le débrief complet du Marathon de Paris 2026 est disponible en deux parties sur toutes les plateformes.
Il y avait 58 853 coureurs sur la ligne de départ du Marathon de Paris 2026. Et parmi eux, deux femmes qu'on ne présente plus sur les réseaux, mais qu'on découvrait pour la première fois en tant que marathoniennes.
Philippine Delaire, comédienne et humoriste en pleine tournée nationale avec son spectacle Fifille à Papa, et Caroline, connue de toute la communauté running sous le pseudo @depuisquejecours. Deux parcours différents. Deux courses différentes. Mais la même ligne d'arrivée. Et la même question qui se pose, à la fin, quand les jambes lâchent mais que le sourire reste : pourquoi on fait ça ?