On t’a menti sur le marathon ! Démonte les idées reçues et réussis ton premier 42’195 KM

Le marathon impressionne. Il intrigue. Il fascine aussi.

Distance mythique, épreuve “reine”, défi ultime : les qualificatifs ne manquent pas. Pourtant, derrière ce prestige, de nombreuses idées reçues persistent.

Avec Frédéric Belouz, entraîneur au Stade Français Athlétisme et spécialiste de la course de fond, nous avons pris le temps de démêler le vrai du faux. 

🎯 L’Objectif : rassurer, éclairer et redonner au marathon ce qu’il est vraiment,  un défi exigeant, mais accessible.

Pourquoi le marathon est-il si mythique ?

Le marathon ne doit pas sa réputation au hasard. Son origine plonge dans la mythologie grecque.

En 490 avant J.-C., après la victoire des Grecs contre les Perses à Marathon, un messager aurait couru jusqu’à Athènes pour annoncer la nouvelle. Il serait arrivé en déclarant : « Nenikamen » ;  « Nous avons gagné », avant de mourir d’épuisement.

Ce récit fondateur associe immédiatement la distance à l’héroïsme, au sacrifice et à l’endurance extrême.

En 1896, lors des premiers Jeux olympiques modernes à Athènes, l’épreuve est recréée en hommage à cette légende : Sport et mythologie se rencontrent alors officiellement.

Quant à la distance exacte de 42,195 km, elle ne sera fixée définitivement qu’en 1924, lors des Jeux de Paris. Avant cela, elle variait légèrement selon les éditions olympiques.

Cette dimension historique contribue encore aujourd’hui à la “sacralisation” du marathon. Mais elle explique aussi pourquoi la distance peut parfois intimider.

Le marathon est-il réservé aux coureurs expérimentés ?

C’est sans doute l’idée reçue la plus répandue : il faudrait accumuler des années d’expérience sur piste, en cross ou sur semi-marathon avant de se lancer.

Frédéric Belouz est formel : tout le monde a sa place sur marathon.

Les chiffres le confirment : 97 % des partants du Schneider Electric Marathon de Paris sont finishers, hommes et femmes confondus. Autrement dit, lorsqu’on s’y prépare sérieusement, l’objectif est atteignable.

Une seule condition réglementaire toutefois : il faut avoir 20 ans minimum le jour de la course pour pouvoir prendre le départ. Une règle qui vise avant tout à garantir la sécurité des participants sur une distance aussi exigeante.

L’évolution du Marathon de Paris illustre d’ailleurs cette démocratisation. En 1976, on comptait 126 participants. En 2019, près de 60 000 coureurs étaient inscrits, et tout autant en 2026.

Le marathon n’est plus réservé à une élite : c’est devenu une grande fête populaire.

Existe-t-il un âge idéal pour débuter ?

La réponse de Frédéric est simple :

« Cet âge, c’est celui auquel vous avez envie de faire un marathon. »

La motivation et l’engagement priment largement sur l’âge ou le “cursus” sportif.

Une préparation forcément synonyme de sacrifices ?

Autre croyance : préparer un marathon serait extrêmement difficile et nécessiterait des sacrifices permanents.

En réalité, tout dépend de l’objectif. Chercher la performance chronométrique ou viser simplement le statut de finisher n’implique pas la même charge d’entraînement. 

Les grandes lignes d’un plan d’entraînement structuré reposent sur :

  • Une majorité d’endurance fondamentale (environ 70 % du volume) 

  • Des sorties longues de 2 à 3 heures 

  • Du travail à allure spécifique marathon (environ 75 à 80 % de la VMA) 

  • Un renforcement musculaire ciblé (squats, fentes, travail en endurance de force) 

  • Des rappels d’allures plus rapides pour entretenir la qualité de course 

La préparation demande de la régularité et de la méthode, mais elle reste adaptée à chaque profil.

Le “mur” : mythe ou réalité physiologique ?

Impossible d’évoquer le marathon sans parler du fameux “mur”, souvent redouté autour du 30e ou 35e kilomètre.

Frédéric rappelle une phrase bien connue des entraîneurs :

« La bonne préparation pour un marathon, c’est lorsque le mur arrive une fois la ligne d’arrivée franchie. »

Le mur ne correspond pas à un simple ralentissement. C’est le moment où l’on est contraint de s’arrêter, parfois de marcher, faute de pouvoir continuer à courir

Deux grandes explications physiologiques sont avancées :

  1. Une dégradation importante des fibres musculaires 

  2. Un épuisement des réserves énergétiques

La préparation a précisément pour rôle de renforcer la résistance musculaire et d’optimiser l’utilisation des stocks énergétiques

Autrement dit, bien entraîné et bien ravitaillé, on limite fortement le risque de “taper dans le mur”.

Trois conseils clés pour réussir son marathon

En conclusion, Frédéric insiste sur trois principes simples mais essentiels :

1. Avoir confiance

« Ayez confiance en votre rêve. Vous avez décidé de le relever et vous allez le relever. »

La conviction personnelle est un levier puissant dans une préparation longue.

2. Clarifier son objectif

Un chrono ambitieux ou un simple finish : l’entraînement doit être cohérent avec l’ambition fixée

3. Ne rien improviser le jour J

Chaussures, tenue, ravitaillement : tout doit avoir été testé à l’entraînement.

« Rien de nouveau le jour même de la course. »

En résumé

Le marathon reste une épreuve exigeante, mais il n’est ni réservé à une élite, ni synonyme de souffrance inévitable.

C’est une aventure structurante, un projet personnel, une expérience collective.
Avec une préparation adaptée, de la régularité et une gestion intelligente, le défi devient accessible.

Le marathon n’est pas une question de légitimité.
C’est une question d’engagement et de préparation.

Et parfois, tout commence simplement par une envie.



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