Prépa Marathon : 7 techniques d’ultra-traileurs pour tenir jusqu’au Jour J

La prépa marathon, ce n’est pas seulement une suite de séances. C’est une négociation permanente avec toi-même.

Tu rentres tard, il pleut, il fait nuit. Tu sais ce que tu dois faire et ton cerveau te propose une alternative très séduisante : “demain.”

Pour aider celles et ceux qui préparent le Schneider Electric Marathon de Paris 2026, on a reçu deux athlètes de la team ASICS : Ben Dhiman, 2eme de l’UTMB 2026 , et Christine Selman, ultra-traileuse au mental d’acier et marathonienne expérimentée.

1) Le mental, c’est surtout une question de contraintes et d’habitudes

Christine Selman, ne vend pas une “force mentale magique”, elle parle d’organisation et de réalité : « Je suis maman, j’ai deux enfants de 10 et 8 ans. Je travaille aussi, j’ai plein d’autres choses à gérer. Donc quand je m’entraîne, je ne choisis pas vraiment le moment : j’ai un créneau, et je dois m’y tenir. » Et c’est précisément ça qui forge son mental : la séance n’est pas dépendante de la météo.

Christine l’explique : « S’il pleut, s’il fait froid, s’il y a la grêle, s’il y a neige, il faut y aller. Parce que moi j’ai une organisation précise et je n’ai pas le choix de dire je ferai plus tard. »

La leçon pour le marathonien est simple : tu ne construis pas la confiance le jour J. Tu la construis quand tu sors alors que tu n’en as pas envie.

2) “Découper” : la stratégie d’ultra qui marche parfaitement sur marathon

En ultra, tu ne regardes pas 160 km d’un bloc. 

Tu avances par étapes : une montée, une descente, un ravito, puis tu recommences.

Ben Dhiman le décrit très bien : « On fait étape par étape. On va juste passer par cette montée. Après cette descente, on va manger encore et on va répéter ça jusqu’au bout. »

Et dans sa tête, il place des “bornes” mentales : « Après tu passes cette montée ou ce kilomètre… dans ta tête… c’est de finir, de finir et tout donner. »

Même logique sur marathon : tu ne “tiens pas 42 km”, tu tiens 5 km, puis le ravito, puis le prochain.

3) La météo de la prépa n’est pas une punition : c’est une préparation mentale

Quand tu t’entraînes dans le froid et la pluie, tu as l’impression de subir.

Eux y voient un avantage. Christine Selman nous dit ceci : « De continuer la prépa malgré les conditions météo, ça ne peut que nous rendre plus fort. »

Elle ajoute un rappel utile : « Tu peux préparer le marathon de Paris dans des conditions hivernales difficile et le jour de la course, devoir affronter les premières chaleurs »

Christine Selman à fait six fois le Marathon de Paris et elle se souvient très bien d’une édition particulière « le jour du Marathon de Paris, il faisait tellement chaud que les pompiers étaient là à nous arroser. »

👉 Moralité : tu ne contrôles pas la météo du marathon, mais tu peux contrôler ta capacité à faire avec.

4) Quand tu n’as pas envie : n’essaie pas de “te motiver”. Essaie de “commencer”.

L’un des passages le plus intéressant du podcast Dans la Tête d’un Coureur, c’est quand Ben explique comment il gère les jours où tout te dit de rester au chaud à la maison.

Il raconte une séance précise : piste inondée, vent puissant : « Il y a le vent qui pousse la voiture sur la route. Il y a la pluie… Je dis : “est-ce que c’est une bonne idée d’aller là-bas ?” »

Et il met le doigt sur LE piège : « Quand tu poses la question, tu sais déjà que la tête essaie de faire une petite déception, de construire une raison de ne pas y aller. »

Sa méthode est très simple : faire “le job”, point.

Ben Dhiman explique : « Tu vas faire le job. Tu vas aller là-bas. Tu vas faire la séance. Tu vas écouter une bonne musique et ça va être cool »

Puis il résume la clé: « Il faut juste commencer les séances. Juste commencer et après, ça passe tout seul. »

Crédit : @quentin.lblc

5) Bien s’équiper, ce n’est pas du confort. C’est de la lucidité.

On parle souvent de mental comme d’une affaire purement psychologique.

Mais la vérité est plus simple : quand tu as froid, quand tu es trempé, quand tes jambes sont exposées au vent, ton mental fond beaucoup plus vite.

Ben est très clair sur ce point : « Même quand il ne fait pas hyper froid et je mets des leggings pour protéger un peu les genoux. Avec le vent, c’est bien de couvrir les jambes. » 

Il insiste aussi sur la stratégie des couches : « Il faut avoir plusieurs couches. Tu peux enlever quelque chose, tu peux remettre quelque chose. »

Et sur les sorties longues, il ne laisse rien au hasard : « J’ai toujours des gants avec moi, j’ai toujours un deuxième imperméable au cas où. Et aussi beaucoup de nourriture parce que dans le froid, tu dépenses beaucoup d’énergie. »

6) Adapter sa chaussure à l’intention de la séance

Un point intéressant dans l’échange avec Ben Dhiman et Christine Selman : leur choix de chaussures n’est jamais figé. Il dépend toujours de l’objectif de la séance.

Pour les footings et l’accumulation de kilomètres, Ben privilégie la Novablast, qu’il apprécie pour son confort et sa polyvalence. 

Dès que l’intensité monte comme du tempo, du travail en côte ou des séances plus soutenues, il bascule vers des modèles plus dynamiques comme la Superblast ou la Megablast

Christine elle, fonctionne avec la même logique d’adaptation. Sur route, elle utilise très souvent la Superblast pour l’entraînement général. Lors des séances rapides, notamment en hiver, elle choisit la Metaspeed Edge Tokyo. 

7) Le conseil final, quand tu doutes après une séance dure

On leur pose une dernière question : que dire à celui ou celle qui rentre d’une séance sous la pluie, épuisé, et qui commence à se demander si tout ça en vaut vraiment la peine ?

Christine répond sans hésiter : « C’est pour ça qu’on le fait. On ne le fait pas parce que c’est facile… On cherche des moments forts dans la vie. »

Autrement dit : si c’était confortable en permanence, ce ne serait pas un marathon. La difficulté fait partie du contrat. Et c’est précisément elle qui donne de la valeur à l’expérience.

Ben complète : « C’est juste un petit bloc parmi mille. Tourne la page. Mange bien, bois bien, dors bien : demain tu te sentiras mieux. »

Il remet la séance à sa juste place. Pas un jugement définitif sur ton niveau. Pas un test de valeur personnelle. Juste une brique dans un ensemble beaucoup plus large.

C’est peut-être ça, la meilleure définition de la force mentale en prépa marathon : ne pas surinterpréter une séance. Ni dans un sens “je suis nul” , ni dans l’autre “je suis un héros”.

Juste un bloc. Puis le suivant.

Cet article a été réalisé en collaboration avec ASICS. Ben Dhiman et Christine Selman sont athlètes de la Team ASICS TRAIL.



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