Hugo Philip : le sport comme discipline de vie

Sur Dans la tête d’un coureur, on reçoit parfois des profils qu’on croit connaître. Hugo Philip en fait partie. Entrepreneur, créateur de contenu, influenceur pour certains. Mais dans cet épisode, volontairement, on a laissé tout ça de côté.
Parce que ce jour-là, Hugo est venu en tant qu’athlète.

Pas uniquement celui qui prépare un marathon ou enchaîne les formats hybrides, mais celui qui a fait du sport une structure, un cadre, presque une colonne vertébrale. Derrière les kilomètres, la musculation, le triathlon ou l’Hyrox, il y a surtout une réflexion profonde sur le corps, la souffrance, la discipline et la longévité. Une vision forgée très tôt, parfois dans la douleur, et affinée avec le temps.

La piste comme école de la responsabilité

Chez Hugo, le rapport au sport commence tôt. Très tôt.
Une sixième redoublée, vécue comme une claque. Une pression familiale liée au football. Et ce sentiment diffus de ne pas être à la hauteur.

Le déclic arrive lors d’un cross scolaire remporté haut la main. Repéré par Philippe Corre, entraîneur d’athlétisme, Hugo découvre un univers radicalement différent de celui des sports collectifs. Ici, pas d’excuse possible. « Sur la piste, tu es face à ton chrono. Tu finis premier, tu finis premier. Personne ne peut te dire que t’aurais pu faire mieux. »

Pendant plusieurs années, l’athlétisme devient son terrain d’apprentissage. Cross, demi-fond, steeple. Des séances dures. Très dures. Mais surtout une leçon fondatrice : la responsabilité individuelle. Impossible de se cacher derrière un collectif, un coach ou un contexte.

Aller plus loin que les autres… surtout dans la souffrance

Hugo ne se décrit pas comme le plus talentueux. En revanche, il assume une chose : sa capacité à aller loin dans l’effort. Très loin. Son entraîneur le lui confirmera plus tard : « T’es l’athlète que j’ai vu aller le plus loin dans la souffrance. »

Tomber, recommencer. À l’entraînement, Hugo développe un rapport frontal à la douleur. Une forme de rage intérieure, nourrie par un sentiment de revanche. Une manière de prouver, aux autres mais surtout à lui-même, qu’il mérite sa place.

Ce moteur fonctionne. Mais comme souvent avec les moteurs puissants, il finit par user la mécanique.

Apprendre à s’entraîner intelligemment

Blessures, saturation mentale, rejet progressif de la course à pied. Hugo finit par s’éloigner de l’athlétisme, puis du running pendant de longues années. Il explore d’autres formats, d’autres pratiques, sans jamais vraiment questionner son approche. « J’étais pas du tout en introspection. Une douleur, je la mettais de côté. »

Le sport reste intense, mais rarement réfléchi. Jusqu’au moment où le corps commence à envoyer des signaux plus clairs. Et surtout, jusqu’à une épreuve personnelle majeure qui l’oblige à changer de regard : comprendre que se faire mal n’est pas toujours synonyme de progresser.

Le virage se fait progressivement. Hugo commence à analyser son entraînement comme un système. Charge, récupération, adaptation, progressivité. Il s’entoure. Il écoute. Il apprend. « Je faisais ça pour mon business, mais pas pour mon corps. Alors que c’est l’outil principal de toute ma vie. »

Le sport n’est plus un exutoire brutal, mais un levier maîtrisé. Moins d’ego, plus de méthode. Moins de chaos, plus de cohérence. Une logique de longévité remplace peu à peu la logique d’exploit immédiat.

Le retour au running cette fois ci sans violence

Quand Hugo revient à la course à pied, ce n’est plus pour se prouver quelque chose. C’est pour s’équilibrer. « Aujourd’hui, courir, c’est presque un médicament. »

Des sorties régulières, parfois longues, non pas pour accumuler des kilomètres “pour le principe”, mais pour retrouver des sensations. Le calme après l’effort. La lucidité. La stabilité émotionnelle.

👉 Le plaisir revient. Et avec lui, l’envie de se fixer un objectif fort : le marathon.

Hugo Philip, au départ du Marathon de Paris 2026 !

À 36 ans, Hugo se lance dans la préparation du marathon de Paris, avec un objectif symbolique : passer sous les trois heures. Un défi ambitieux, qu’il aborde sans certitude excessive.

Il sait ce qui peut le freiner : la nutrition, la résistance musculaire, la gestion de l’allure. Mais il sait surtout pourquoi il y va. « Ce qui compte, ce n’est pas les 42 kilomètres. C’est tout ce que tu fais quand personne ne te regarde. »

Le marathon devient alors un révélateur. Pas seulement physique, mais mental. Une épreuve où l’entraînement, la discipline et la capacité à s’écouter comptent plus que le talent brut.

Transmettre sans discours

Aujourd’hui, Hugo parle peu de performance pour impressionner. Il préfère montrer. À son fils. À son entourage. À ceux qui le suivent.

Pas pour donner des leçons, mais pour rappeler une chose simple : le sport n’est pas une fin en soi. C’est un cadre. Un outil. Une discipline quotidienne qui apprend à avancer quand c’est dur, à ralentir quand c’est nécessaire, et à durer quand tout pousse à aller trop vite.


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