Pourquoi les coureurs manquent de mobilité (et comment le corriger en 3 minutes par jour) w/ Thibaud Saliné
Avec Thibaud Saliné, kinésithérapeute et cofondateur de GOWOD.
On parle souvent de VMA, de seuil ou de volume d’entraînement. Beaucoup plus rarement de mobilité. Et pourtant, lorsqu’un coureur se blesse, lorsqu’une douleur s’installe ou qu’une foulée « ne passe pas », la mobilité est presque toujours en toile de fond. Dans cet épisode, Thibaud Saliné, kinésithérapeute du sport, passionné de biomécanique et cofondateur de l’application GOWOD, rappelle une idée simple mais fondamentale : le corps parle bien avant de casser. Encore faut-il savoir l’écouter..
Le corps raconte toujours une histoire
Chez Thibaud Saliné, l’observation du mouvement est presque un réflexe. Une posture, une asymétrie, une manière de courir : tout est indice. Non pas pour juger, mais pour comprendre. Notre façon de courir n’est jamais neutre. Elle est le résultat d’une histoire : les sports pratiqués dans l’enfance, d’anciennes blessures, parfois même un ancien surpoids. Tout ce qu’on a fait depuis l’enfance façonne notre corps explique-t-il.
Belle foulée ≠ Bonne foulée
On associe souvent la performance à l’esthétique : une foulée ample, aérienne, fluide. Pourtant, ce lien est trompeur. L’exemple d’Usain Bolt, à la foulée asymétrique et pourtant recordman du monde, rappelle que chaque morphologie possède ses propres équilibres. « Une bonne foulée est avant tout une foulée efficace », souligne Thibaud Saliné. Le problème n’est donc pas d’être différent, mais d’être limité dans ses amplitudes, car toute restriction oblige le corps à compenser ailleurs..
Les signaux faibles : ces voyants qu’on préfère ignorer
Le corps est très intelligent. Bien plus qu’on ne le croit. Avant une blessure franche, il envoie presque toujours des messages : une petite douleur au tendon rotulien, une gêne sous le pied, une raideur dans le bas du dos, une sensation bizarre au démarrage…
Le souci, c’est que beaucoup de coureurs amateurs apprennent à ignorer ces signaux. Par peur de rater une séance, de décevoir un coach, ou simplement parce que “ça passe au bout de deux kilomètres”. Jusqu’au jour où ça ne passe plus.
La différence entre souplesse, étirements et mobilité
C’est l’une des grandes confusions chez les coureurs.
La souplesse, c’est une amplitude passive.
La mobilité, c’est une amplitude active, sous tension musculaire.
Ce que recherche le coureur, c’est un compromis : assez de mobilité pour bouger librement, mais suffisamment de raideur pour créer de l’élasticité et du rebond. Un pied trop mou, par exemple, est une perte d’énergie
👉 Et quand on se demande pourquoi la majorité des coureur manque de mobilité, la réponse est presque sociétale : on passe en moyenne douze heures par jour assis. Et même la nuit, jambes fléchies.
🎯 Résultat : fléchisseurs de hanche raides, chaîne postérieure verrouillée, dos qui encaisse. Ajoutez à ça un entraînement répétitif, sans travail complémentaire, et le cocktail est prêt.
Le test de mobilité sur l’app GOWOD !
Dire “je suis raide” ou “je suis souple” ne veut pas dire grand-chose. Ce qui compte, c’est de mesurer.
Dans l’application GOWOD, un test gratuit permet en moins de dix minutes d’obtenir :
un score global sur 100,
un détail articulation par articulation,
une lecture adaptée à son sport.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec plus d’un demi-million de tests réalisés, la moyenne est d’environ 61 % chez les hommes, 69 % chez les femmes. Et les coureurs font légèrement baisser la moyenne.
Crédit : GOWOD
Faire un peu de mobilité, trois minutes avant de courir :
Bonne nouvelle : non, la mobilité ne demande pas trente minutes par jour.
En trois minutes avant une sortie, on peut déjà faire beaucoup :
mobilisation active des hanches,
travail dynamique des ischios et du bas du dos,
préparation excentrique des mollets,
quelques fentes actives.
Et après une séance intense, place aux automassages : quadriceps, ischios, mollets, dessous du pied. Un rouleau, une balle… ou même un rouleau à pâtisserie font l’affaire.
Pas besoin de gadgets hors de prix. La récupération repose d’abord sur des basiques : sommeil, hydratation, nutrition… et un peu de bon sens.
Ballonnements, maux de ventre, perte d’appétit après l’effort… le système digestif influence bien plus vos performances que vous ne le pensez.
Dans cette capsule santé, le Dr Marine Lorphelin, médecin et marathonienne, explique comment mieux digérer, mieux récupérer et limiter les troubles digestifs en course à pied.