Trail Alsace by UTMB : et si c'était la plus belle course de France ?

Obernai possède quelque chose de rare : une petite ville de douze mille habitants qui vit, respire et se retrouve autour du sport.

Pendant 3 jours, Cléo a parcouru ses ruelles, ses vignes et ses sentiers vosgiens pour comprendre pourquoi, chaque année, des coureurs du monde entier convergent vers le Trail Alsace by UTMB.

Alors, Obernai est-elle la plus belle ville de France pour un coureur ?

Réponse ici.

Ce programme est rendu possible grâce à SNCF Connect, l'application qui vous accompagne dès la première étape : la décision de partir.

Obernai, ville de sport

La première chose qui frappe en arrivant, ce sont les colombages : aucun doute, on est bien en Alsace. La deuxième, c'est l'effervescence. Ici, le sport n'est pas une activité parmi d'autres, c'est un mode de vie.

Marie-Christine, Obernoise de souche et organisatrice de course, le résume sans détour : « À Obernai, le sport, c'est un pôle de compétition, de bien-être et de lien social. »

Ce n'est pas qu'une formule. La ville compte une trentaine de clubs et d'associations, son triathlon, ses onze kilomètres, et un terrain de jeu qui s'étend du plat des vignes jusqu'aux Vosges. En quelques minutes, on rejoint le sentier de Lehn ; un peu plus loin, le Mont Sainte-Odile, ce défi local que chacun rêve de gravir un peu plus vite que la fois précédente.

Mais ce qui marque le plus, c'est la convivialité. À Obernai, on ne traverse pas la ville sans être arrêté trois fois. On vient pour courir, on repart avec des conversations.

“À la recherche de la plus belle course de France” x dltdc

Le trail, la nuit et la médiévalité

Le week-end du Trail Alsace by UTMB transforme Obernai. Les dossards envahissent les terrasses, les élites côtoient les amateurs, et des coureurs venus de Dijon, de Lorraine ou d'ailleurs se donnent rendez-vous pour, parfois, leur tout premier trail.

Mathieu, fondateur de l'événement, a bâti son parcours autour d'un fil conducteur : la médiévalité. Châteaux forts du XIIᵉ siècle, forêts profondes, traversée nocturne du Haut-Koenigsbourg et une exigence qu'il revendique avec le sourire : « Dans trail running, il y a running. »

Cléo, elle, s'est élancée sur la Ronde des Pages : dix-huit kilomètres, de nuit, frontale sur la tête (une grande première). Les vignes au coucher du soleil, puis la forêt qui s'allume au rythme des faisceaux, les petits villages alsaciens éclairés sur le passage. Une ambiance qu'elle ne résume que d'un mot : mystique. Et une arrivée, forcément, les larmes aux yeux.

Une course nocturne qui ne ressemble à aucune autre. C'est peut-être le plus beau compliment qu'on puisse lui faire.

“À la recherche de la plus belle course de France” x dltdc

La Dîme, la winstub et l'art du partage

Comme souvent, le moment le plus marquant n'a pas lieu sur le parcours. Il a lieu à table.

À La Dîme, Winstub familiale qui fête tout juste ses cinquante ans, Félix raconte une Alsace où l'on mange serré, où les tables se touchent et où les inconnus finissent toujours par discuter. La choucroute qui se partage, la tarte flambée qu'on ne commande jamais seul, le baeckeoffe mijoté cinq heures, comme au temps où les femmes le déposaient chez le boulanger avant de filer au lavoir. Des portions généreuses, à l'image du lieu.

Et une fierté, surtout : « On est fier de son terroir. » Ici, la plus belle reconnaissance, c'est d'entendre l'alsacien résonner entre deux tablées d'étrangers.

Dans une époque où courir devient parfois une affaire de chrono, Obernai rappelle qu'un week-end de course, c'est aussi un repas qu'on partage et une table où l'on s'attarde.

Alors, la plus belle course de France ?

Obernai réussit un équilibre rare : mêler sport, patrimoine, nature et gastronomie sans jamais que l'un écrase l'autre. Une ville médiévale qui court, une course qui raconte une histoire, une table qui rassemble.

La course est belle. L'ambiance, elle, est inoubliable, « mille potes en trois jours », résume Cléo, qui repart avec un huit sur dix et l'envie d'y revenir.

Et peut-être que c'est ça, finalement, une belle course. Pas seulement un parcours dans la nuit, mais un territoire entier qui, longtemps après la ligne d'arrivée, continue de vous retenir.

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