La nouvelle S/LAB Phantasm 3 : on l’a testée en avant-première dans les labos secrets de Salomon !
Elle sortira officiellement le 7 janvier, mais nous avons déjà pu mettre les pieds et même bien plus que ça nous avons été dans les coulisses de sa création.
À l’occasion du lancement de la S/LAB Phantasm 3, Salomon nous a ouvert les portes de ses laboratoires les plus confidentiels, à Annecy, puis d’un lieu totalement inattendu pour le running : une soufflerie habituellement utilisée pour tester des vélos de contre-la-montre.
🎯 Objectif : comprendre comment est née cette chaussure pensée pour aller vite… en luttant contre l’air.
Mêler aérodynamisme et course à pied : on vous explique
L’aérodynamisme est une évidence à vélo. En course à pied, beaucoup moins. Et pourtant.
Dès que l’on court vite, l’air oppose une résistance bien réelle. À 20 km/h, un marathonien affronte déjà un vent relatif de 20 km/h. Mais surtout, le pied du coureur peut atteindre jusqu’à deux fois cette vitesse, soit 40 km/h lors de la phase de balancier. D’où l’intérêt d’optimiser chaque détail.
Comme le résume Gatien Airiau, chef de produit chez Salomon : « Plus un objet est optimisé, meilleure est sa pénétration dans l’air. Résultat : à vitesse constante, on consomme moins d’énergie. »
Moins de frottements, c’est donc soit plus de vitesse à effort égal, soit la capacité de tenir une allure élevée plus longtemps. Sur marathon, quelques secondes peuvent suffire à faire basculer une course.
Un voyage inédit en soufflerie
Pour explorer cette piste, Salomon nous à amené en Allemagne, dans une soufflerie impressionnante ! De base, principalement dédiée aux vélos de contre-la-montre, mais déjà largement surdimensionnée pour le running et pour nous impressionner.
Au centre du dispositif : un tapis de course installé dans le flux d’air, des tunnels de ventilation, des capteurs, et des athlètes courant à vitesse réelle. Une scène presque irréelle… et pourtant bien concrète.
👉 C’est ici que la Phantasm 3 a été testée dans ses moindres détails.
Crédit : Salomon
Quand une chaussure commence… en pâte à modeler
L’histoire ne commence pas dans cette soufflerie. Elle débute de manière beaucoup plus artisanale.
Avec Swiss Side (une entreprise suisse experte en aérodynamisme) Salomon teste d’abord une douzaine de chaussures concurrentes dans une mini-soufflerie.
Résultat surprenant : la Phantasm 2 est déjà plus efficace que les autres modèles.
👉 Pour l’améliorer, les ingénieurs passent par une phase de tests dont on ne se douterait même pas : pâte à modeler, ruban adhésif, volumes exagérés, lacets recouverts, semelles arrondies. « On a testé des versions complètement folles, hyper rondes ou très larges », nous explique Gatien Airiau.
Au fil des tests, trois grands leviers pour améliorer l’aérodynamisme sont apparus :
arrondir au maximum les lignes,
couvrir les lacets, zone clé de turbulences,
lisser la transition entre la chaussure et la cheville.
Une fois ces principes confirmés, place aux tests en soufflerie : des athlètes courent chaussés de prototypes, en conditions réelles. Une première mondiale en running.
La formule parfaite pour une S/LAB Phantasm 3 réussie
De ces tests naît la S/LAB Phantasm 3, pensée comme une extension fluide de la jambe.
Elle se distingue par :
une tige type “cache-cœur” avec guêtre intégrée, qui englobe totalement les lacets ;
des lignes arrondies, du mesh jusqu’à la semelle, pour que l’air glisse sans rupture ;
une nouvelle combinaison optiFOAM+ enrichie en PEBA et plaque carbone energyBLADE revisitée.
Le tout pour un poids plume de 199 g, soit 10 % de moins que la version précédente.
Crédit : Salomon
Des secondes qui peuvent faire basculer une course
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 28 % de traînée en moins par rapport à la Phantasm 2.
👉 À 20 km/h (soit un marathon en 2 h 06), cela peut représenter jusqu’à 18 secondes gagnées.
Des gains qualifiés de « marginaux » par Salomon, mais qui, au plus haut niveau, peuvent être décisifs. « Pour l’élite, c’est potentiellement 100 mètres d’avance à l’arrivée », explique Gatien Airiau.
Les tests ont également montré une baisse de la consommation d’oxygène, jusqu’à –3,7 % chez l’Américaine Maggie Montoya. Moins de résistance, moins d’énergie gaspillée, plus de constance jusqu’à la ligne.
En immersion dans les laboratoires secrets de Salomon, à Annecy
Pour comprendre comment cette chaussure est née, direction le siège de Salomon à Annecy. Avec Jules Graebling, Spécialiste Relations Presse & Communication Internationale nous découvrons trois lieux clés.
Le Prototyping Lab : là où tout commence
Un atelier qui ressemble à un laboratoire de haute couture. Découpe laser, machines de précision, assemblage manuel. « Chaque personne a une spécialité et peut réaliser un produit de A à Z », explique Jules.
Chaque prototype est fabriqué à la main, testé, ajusté, retesté, avant même d’envisager une production en usine.
Le Biomechanical Lab : la foulée passée au scanner
Capteurs, plateformes de force, caméras ultra-précises. Les chercheurs analysent l’impact de chaque modification sur la foulée, les articulations et l’économie de course.
Salomon mène notamment une étude sur cent coureurs, autour de la plaque carbone. Conclusion :
les athlètes à VMA élevée en tirent un bénéfice clair, tandis qu’une rigidité excessive peut pénaliser d’autres profils. « Une chaussure hyper performante mais mal adaptée peut être contre-productive », explique Clément Jaboulay, Spécialiste en Sciences du Sport.
Le Durability Testing Lab : l’épreuve du réel
Dernière étape : la durabilité. Abrasion, déchirure, imperméabilité, adhérence sur bois humide, métal ou plaques d’égout.
Les produits sont même soumis à des cycles reproduisant le transport maritime, alternant chaleur humide et froid intense.
Ici, ce sont les données qui valident ou non les promesses marketing.
L’innovation chez Salomon ne se fait jamais sans les athlète
Crédit : Salomon
Certains, comme François D’haene, bénéficient de chaussures entièrement sur mesure, adaptées à leurs pieds pour éviter frottements et ampoules.
D’autres, comme Courtney Dauwalter, courent avec des modèles du commerce : « Elle a un pied complètement normal ».
Un rappel simple : la performance ne passe pas toujours par la complexité.
Une chaussure rapide… mais aussi plus confortable
Si la Phantasm 2 était connue pour son côté très nerveux et proche du sol, la Phantasm 3 surprend par son confort.
Plus haute de 4 mm, plus moelleuse, elle offre une sensation différente, particulièrement appréciable dans le dernier tiers du marathon, quand la fatigue s’installe.
Salomon, vers une nouvelle voie du running ?
En appliquant l’aérodynamisme à la chaussure de running, Salomon explore un terrain encore très peu connu du milieu. « Aujourd’hui, personne n’explore sérieusement ce sujet. Ça nous donne une longueur d’avance », souligne Étienne Giovannetti, chef de projet marketing.
La S/LAB Phantasm 3 ne promet pas de miracle au coureur qui boucle son marathon en quatre heures. Mais elle incarne une conviction forte : au plus haut niveau, chaque détail compte.
Et parfois, ces détails tiennent… à la forme de vos lacets.
Courir pour aller mieux, pas juste plus vite ! Quand la course à pied devient un rendez-vous avec soi, elle agit sur le corps… et sur la tête.
Le Dr Marine Lorphelin nous explique pourquoi le mouvement peut être une clé du bien-être global.